Et, oui, malheureusement ou heureusement, une langue ne s'apprend pas en cinq minutes; ceci dit, ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui tronquent la réalité avec des buts publicitaires qu'apprendre une langue est difficile; voici donc quelques conseils généra(e)ux pour atteindre votre objectif... 

Quelques conseils bien utiles pour devenir bilingue et dans l'ordre de leur importance :

1. Commencez tôt ! Quand on n'a pas la chance d'être issu d'une famille aux parents d'origine linguistique différente, l'âge idéal est 11 ans. Non, les jeunes ne sont pas plus intelligents que les adultes ou auraient un cerveau vide qu'il faudrait combler de matières... Le fait est que, à 11 ans, on est "frais pour la vie", on meurt, que dis-je, on crève d'envie de découvrir le monde, on est curieux, on n'est pas embarrassé par des soucis organisationnels ou économiques ou autres, on a du temps et de l'envie pour apprendre. Oui, la motivation est un facteur essentiel pour apprendre, quoi que ce soit d'ailleurs, des maths à la musique en passant par l'histoire. "C'est en vacances en Espagne qu'on regrette de ne pas parler l'espagnol..."

2. Tout exercice est bon "à prendre" ! Oui, c'est bon d'apprendre. Vous êtes en vacances en Espagne ? Profitez-en ! Parlez espagnol ! Apprenez à demander votre pain en espagnol, à dire "bonjour", "au revoir", "à demain"; bref, faites-vous un florilège, un recueil de vos cent plus belles phrases en espagnol. Certes, vous ne reviendrez pas bilingue de votre voyage avec ces cent phrases. Mais vous aurez déjà une motivation plus importante en rentrant au pays... J'ai déjà eu l'occasion d'être choqué par la réaction d'amis francophones ou d'amis anglophones qui déconsidèrent simplement leur interlocuteur parce qu'il ne parle pas leur langue alors qu'ils sont là en "touristes". Ne pas faire l'effort de pouvoir dire "bonjour" ou "merci" dans la langue d'un pays qu'on visite en dit long sur une personne.

3. Des phrases, des phrases et des phrases. Le cerveau pense en phrase(s), pas en mot(s). Et cela a beaucoup d'implications dont les suivantes : 

  • Inutile de traduire mot à mot, vous perdrez votre temps en traduisant. Traduire est la meilleure façon de ne jamais devenir bilingue. C'est une pratique étrange qui consiste à mettre dans une zone de notre cerveau francophone des mots qui n'ont rien à y faire et, donc, qui seront vite oubliés.
  • Inutile d'étudier de la grammaire aussi, vous l'intégrerez en apprenant ces phrases justement, elles disposent de structures que vous intégrerez naturellement, sans effort.

Vous avez des doutes ? Observez un enfant de deux ans qui commence à parler, il s'exprime très vite en phrases. Certes, les constructions linguistiques sont encore balbutiantes, mais la tentative de faire des phrases est évidente. Alors, que, paradoxalement, un très jeune enfant est encore incapable de prononcer un mot complet à trois syllabes, par exemple. 

Une des premières phrases, essentielle d'ailleurs, que mon fils de deux ans a pu dire était : "Tu veux !" Oui, comprenez qu'il répétait ce qu'on lui disait :"Tu veux ceci ?" Et que, incapable de distinguer le "je" du "tu", sa phrase avait la forme du "tu veux" pour dire "je veux" suivi d'un geste du doigt pour montrer ce qu'il voulait. 

Notez qu'une des premières phrases de mon fils fut "tu veux" pour "je veux". Voyez comme la motivation, même chez un enfant de 2 ans est un facteur essentiel dans l'apprentissage. On retombe sur le point 1 ci-dessus. 

Vous aimez chanter ? Chantez en espagnol ! 

Dites-vous bien que tout ce que vous aimez réaliser dans votre langue maternelle, vous aimerez le réaliser dans une autre langue-cible. On me rétorquera que, si on aime se balader, il n'est pas aisé de se rendre régulièrement en Espagne pour se promener. A l'heure actuelle, cet argument est discutable. Cependant, m'adressant principalement à des Belges, je ne peux que me remémorer cette réflexion d'un professeur d'université anversois qui disait à ses étudiants, des futurs romanistes: "D'où que vous partiez en Belgique, il vous faudra moins de deux heures de train pour vous retrouver en zone francophone; vous n'avez donc aucune excuse si vous manquez de pratique en français..." Selon moi, il avait tout à fait raison et, évidemment, ce qui est valable pour un Flamand l'est tout autant pour un Wallon. 

Que ce soit du sport, pour vous ou votre enfant, visionner des films, lire des livres, des BD, écouter de la musique, jouer ou faire des rencontres sur le net, du business jusqu'à boire un verre sur un terrasse, songez qu'il est presque toujours possible de le faire dans une autre langue et que toute expérience sera bonne à prendre ou à apprendre ! Au fond, à bien y réfléchir, c'est ça l'immersion. 

4. Enfin, votre motivation est-elle au top ? Exercez-vous chez vous aussi. Si vous saviez le nombre d'excellents sites, parfois gratuits, qui existent sur Internet... L'interactivité est arrivée à un tel niveau de qualité aujourd'hui que cela en devient presque facile et amusant. C'est vrai qu'il faut parfois prendre le temps de chercher le bon site. Mais une fois qu'on a trouvé la perle, ce seront des heures d'exercices utiles et bien pensés qui s'offriront à vous pour votre plus grande joie. Partagez vos connaissances avec d'autres... Cela ne fera qu'augmenter votre motivation.

Voilà, cet article se voulait juste une approche générale de comment penser son apprentissage. Alors, oui, vous n'apprendrez pas l'anglais en cinq minutes; mais vous vous offrirez cinq minutes de plaisir en apprenant et en les cumulant patiemment, avec la longueur du temps, certainement, arriverez-vous, sans trop d'effort, voire naturellement, à du résultat.

Phil, pour vous servir.