Récemment, un groupe de professeurs de plusieurs universités et de hautes écoles belges ont tiré la sonnette d’alarme[1] : les étudiants en première année ne connaissent plus les structures de base et n’arrivent pas à formuler des phrases simples sans fautes. On dirait que l’école secondaire ne les prépare pas à leur carrière professionnelle. Mais pourquoi ? 

Tout d’abord, pour apprendre une langue il est important de se mettre dans une situation concrète : personne ne va utiliser une langue que l’on considère inutile. Pour cette raison, l’immersion obligatoire offre a priori un excellent point de départ : la langue est nécessaire pour communiquer, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen (nuancé) pour se faire comprendre. Si on présente la langue comme objet d’études, loin de la vie de chaque élève, il n’est pas étonnant qu’on ne s’y intéresse pas. Alors que, si les élèves sont forcés à utiliser la langue dans différents contextes, ils acquièrent des réflexes, ce qui leur permettra de s’exprimer plus aisément. L’autre langue devient alors un outil de communication.

Faute de temps, de moyens et de professeurs qualifiés, tous les élèves n’ont malheureusement pas le luxe de prendre un bain linguistique. A cela s’ajoutent les méthodes trop artificielles et créatives : le jeu et la créativité prennent le dessus dans les cours de langue. Un élève qui s’ennuie : impossible dans ces temps modernes ! Avant tout, l’élève doit être motivé et stimulé pour étudier ; le contenu disparaît en arrière-plan. Mais, réfléchissons un peu, si les élèves sont défiés par le professeur, s’ils doivent tout le temps parler et écouter et s’ils sont incités à s’améliorer tout le temps, comment peut-on encore s’ennuyer en classe? Voilà donc, le deuxième problème dans l’enseignement : des méthodes qui consistent largement à faire des exercices de grammaire, sans que les élèves aient vraiment l’occasion de s’approprier la langue en classe.

Le professeur Schoentjens remarque qu’« une Flandre où l’on parle moins français est incontestablement une Flandre plus pauvre » (Le Vif, 26/06/2019)[2]. La même remarque vaut aussi pour la Wallonie et son rapport avec le néerlandais. On entend, par exemple, de plus en plus de politiciens qui œuvrent pour des cours de néerlandais obligatoires en Wallonie[3].  Cela montre qu’il y a en effet un écart entre la réalité professionnelle et l’enseignement. Pour à peu près la moitié des offres d’emploi à Bruxelles, on demande des connaissances linguistiques développées en au moins deux langues officielles (et l’anglais). Le marché du travail demande des professionnels multilingues, mais n’arrive pas à trouver le personne requis. 

Pendant les stages chez ABCzaam, on essaye d’intégrer une pédagogie activante et immersive. Les élèves n’ont pas le temps de s’ennuyer, parce qu’ils sont toujours poussés à parler et à jouer avec la langue. C’est ainsi que la langue cible devient un réflexe qui ne demande plus trop d’effort. Et soyons honnête, les gens aiment plus ce qui est facile et ne demande pas beaucoup d’effort.

Et vous, que pensez-vous de la situation actuelle de l’apprentissage des langues ? Et comment pourrait-on améliorer la situation. En tout cas, chez ABCzaam on s’investit chaque année pour former des centaines de jeunes à parler une autre langue, dans des contextes concrets et réels, et avec assez de temps pour acquérir des réflexes. Où trouve-t-on encore mieux ?

Maxim

    

[1] https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2020/01/15/docenten-frans-pleiten-voor-een-niet-bindende-ijkingsproef-voor/

[2] https://www.levif.be/actualite/belgique/une-flandre-ou-l-on-parle-moins-francais-est-incontestablement-une-flandre-plus-pauvre/article-opinion-1158529.html

[3] https://www.7sur7.be/belgique/ecolo-veut-rendre-le-neerlandais-obligatoire-a-l-ecole-en-wallonie~a0397822/